La peur qu'évoque le pouvoir, notamment le ministère de l'intérier, à propos du risque de graves débordements lors de la manifestation anti-mariage pour tous du 26 mai, obéit, j'en suis convaincu, pour partie, à une stratégie.
Qu'existent des risques avec des casseurs, des extrêmistes, sans doute, mais les forces de police, si elles sont parfaitement diligentées, peuvent y remédier sans trop de difficultés.
Le président et le gouvernement craignent surtout une manifestation importante, une foule dense, calme, ce qui porterait quand même ombrage à la loi votée et un peu à sa légitimité. Alors, la méthode est simple: décourager les Français d'y participer pour discréditer le mouvement. C'est peut-être d'ailleurs ce qui arrivera.
Cependant, la loi est votée, promulguée, elle devra être appliquée et respectée comme toutes les lois. Mais la gauche aurait tort de banaliser l'évènement: le différend se règlera dans les urnes. Parmi les contestataires, il y a des électeurs qui, contrairement à ce qu'affirment les commentateurs, ont voté Hollande en 2012. Je pense que désormais ils sont vaccinés. Le président de la République en ne prenant pas directement l'avis du peuple, a commis une maladresse dont il supportera longtemps les conséquences.